février 11, 2014

ITINERAIRE D'UN RECU- COLLE - PACES FACULTE DE MEDECINE DE BREST

http://www.leparisien.fr/societe/77-jours-pour-un-rendez-vous-chez-l-ophtalmo-10-02-2014-3577935.php

Absurdité du numerus clausus !

Clément, titulaire d'un bac STI obtenu au Lycée Le Likès à Quimper, souhaite changer de voie afin de tenter le concours à la faculté de médecine de Brest.
Afin d'améliorer ses chances, il demande à intégrer une terminale S dans le même lycée. Sa demande est acceptée. Il ne peut valider son année de terminale S par un diplôme. C'est du moins la réponse faite étant donné qu'il ne se présente pas en candidat libre.
Il rejoint donc, après de très bons résultats en terminale scientifique, la faculté de médecine de Brest (2010-2011).
Travaillant 10 h par jour, quasiment 7 jours sur 7 car il s'agit d'ingurgiter le maximum de cours tout en adoptant une méthode efficace de travail.
Au concours 2010-2011, clément est hors du numerus clausus (167). Au vu de son classement (dans les 350), il peut néanmoins retenter une autre année.
Avec la nouvelle réforme des études médicales, certains étudiants ont dû se réorienter dès le résultat des partiels (15 % des candidats sur 1100 environ). A l'issue du concours, ceux qui sont classés au-delà de 2,5 du numerus clausus ne peuvent retenter immédiatement une deuxième année...
Clément décide de se redonner une deuxième chance. Il ne baisse pas les bras et se remet à bosser avec la volonté de réussir.
Il met tous les atouts de son côté sans se disperser dans d'autres activités (à part un peu de sport, VTT et natation, pour s'aérer l'esprit).
Aux partiels 2011-2012, clément est dans le numerus clausus (classement neutre – toutes disciplines confondues dont médecine – discipline qu'il a choisie). Il se positionne à la 145 ème place. Le numerus clausus est fixé à 171 places (en médecine). Son résultat aux partiels lui laisse un peu de marge.Il ne relâche pas ses efforts.
Lors de l'examen final, il se retrouve dans le numerus clausus (classement neutre total – toutes disciplines confondues) mais hors du numerus clausus «médecine». Il se situe à 22 places de celui-ci. Sachant aussi que le dernier classé dans le numerus clausus se situe à 5,4 points sur 240 points de lui.
Pour vous donner une idée, soit 0,45 points sur 20 (hors coefficients).
A l'heure actuelle, son « destin » va dépendre du choix des candidats classés avant lui.
Si un maximum de candidats choisissent maïeutique, pharmacie ou odontologie, il peut être dans le numerus. Dans le cas contraire, il échoue de peu et la porte vers le métier qu'il souhaitait exercer se referme...
Le résultat vient de tomber ce 29 juin. Clément se retrouve à 14 places du numerus clausus (185 ème). Une porte se ferme.
C'est la cruauté d'un concours. Cela peut priver des étudiants motivés, qui feraient aussi de bons médecins, au profit d'étudiants encore plus scolaires.
Certains diront que ce sont les meilleurs qui gagnent comme j'ai pu le lire sur certains forums.
D'autres diront que le facteur chance, en plus du travail personnel, joue. Pour ma part, le travail personnel effectué et le facteur chance entrent en compte. Par ailleurs, à capacités intellectuelles égales, un candidat qui a la possibilité de suivre des cours privés et payants, voit améliorer ses chances de réussir. Entre donc là une certaine sélection par l'argent.
Néanmoins, au niveau de la faculté de médecine, un système de tutorat a été mis en place moyennant une contribution financière de 100 euros par an. Des étudiants de 2ème année aident les étudiants de première année afin d'essayer de rétablir l'égalité des chances.
Ce qui est une excellente initiative ! Mais avec la réforme des études médicales, l'année dernière au deuxième semestre, le système de tutorat était moins efficace car il n'y avait pas de points
de repères.
Ascenseur social grippé ? C'est une question légitime que nous pouvons tout de même nous poser...

J'ai voulu souligner par cet article le parcours exemplaire et courageux de mon fils. Il y a certainement d'autres parcours exemplaires dont je n'ai pas connaissance mais que je peux aisément imaginer. Des étudiants qui méritaient aussi de réussir de par leur travail et motivation. Quant nous constatons en plus qu'il manque de médecins en milieu rural, que toute une génération va partir à la retraite, que certains ont des difficultés à trouver un remplaçant...

Un concours est profondément injuste dans la mesure où il ne reflète pas forcément la valeur d'un candidat. Le concours devrait être associé à un contrôle continu (moyenne de tous les résultats).

Lors des choix, Clément a validé uniquement médecine car c'est la discipline qui l'intéressait. Il n'a pas souhaité prendre un plan B (pharmacie, odontologie) car il ne se voyait pas bosser pour une discipline qui ne le passionnait pas. Si tel avait été le cas, il était pris... 
La porte sur médecine se referme tel un couperet. Clément a eu le mérite de tenter sa chance afin de ne pas avoir de regrets. Il aura essayé en donnant le meilleur de lui-même et en étant fidèle à ce qu'il est.

Par ailleurs, pour le concours de médecine, il est fortement conseillé d'être titulaire d'un bac S.
Aucun entretien de motivation n'a lieu, aucun entretien psychologique. Tout est basé sur les capacités à ingurgiter les cours, la mémoire et la méthode de travail.

Concernant le contrôle des résultats et des copies, aucune possibilité d'accéder à un corrigé-type (QCM). L'étudiant qui veut vérifier sa notation doit aller piocher des infos dans ses cours.
Il peut aussi consulter ses copies suivant un planning élaboré, demander une photocopie de celles-ci sachant que le jury est roi concernant la notation.

Les copies sont anonymes.

Pour la partie sciences humaines, un des deux professeurs corrigeant celles-ci est le professeur de l'étudiant. L'autre correcteur n'est pas connu.
Concernant les QCM, les corrections sont données à une machine ultra-perfectionnée.


Pour terminer, j'ai souhaité mettre en ligne ce billet afin de témoigner d'une expérience, espérant que celle-ci puisse servir à d'autres étudiants.

Une porte se ferme sur le rêve d'un jeune homme : celui d'être médecin.
Après ces années de travail intense et exigeant, malgré sa déception, clément est prêt à rebondir.

La vie continue... Bonne route à tous...

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Le temps s'est écoulé depuis cet article, clément non seulement a rebondi mais il s'épanouit sur la nouvelle voie qu'il s'est choisie. Il a su se fixer de nouveaux objectifs et bosse, tout autant, pour réussir.



Il regarde droit devant et trace son chemin...


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2 commentaires:

  1. Bonjour

    Dans quoi s épanouit votre fils maintenant ?

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  2. Bonsoir,
    clément s'est orienté vers l'Histoire. C'est un bosseur. Il s'est remis à l'Espagnol l'été dernier, notamment par le biais d'un chantier de jeunes.Il a ensuite effectué ses études à Barcelone (un semestre avec Erasmus). Ses résultats sont à la hauteur de son investissement.

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