septembre 02, 2017




Le chemin serpentait à travers une nature piquée  de genêts et d'ajoncs. Les lieux, d'un caractère trempé et sauvage, s'avéraient propices à la réflexion ou à l'évasion.
La vue d'une croix en granit ou d'une chapelle pouvait faire entrer le promeneur en lui-même. Il entreprenait alors son voyage intérieur tout en englobant l'horizon du regard...

Le promeneur plissa des yeux et contempla silencieusement l'étendue océanique.
Le soleil flirtait avec le miroir de l'eau, chauffait les mâts rouges des voiliers, accrochait son sourire laqué à la face rugueuse   des rochers.
Marquant le ciel de leur appartenance, quelques mouettes rieuses se poursuivaient dans le champ vif  de l'air.

Le promeneur poursuivit sa route, appréciant la beauté féline des lieux. L'homme prédateur n'avait pas encore réussi à les dompter. Mystérieusement  ils échappaient à sa volonté de domination.
On eût dit que l'univers était sous protection. Comme si la terre, la mer, le ciel, l'air étaient destinés à ne faire qu' un tout. Rien ne pourrait diviser ces éléments et surtout pas la main destructrice de l'homme.
La lande  était un lien  poétique, joliment coloré entre « le haut et « le bas », entre
 "l' invisible" et "le visible".

Le promeneur s'installa maintenant, les pieds dans le vide, au bord de la falaise.  Une source d'énergie surgit alors de son être, plongea vers la mer et revint, fraîche et iodée, en lui.
L' homme se remit debout prestement, fixant de ses yeux d'aigle la crique en contrebas. Il entreprit alors, vent en poupe, une périlleuse et rocailleuse descente.
Quand il aura rejoint la plage déserte,  ses mains deviendront sablier, son esprit retiendra la sensualité des grains En égrénant ceux-ci, il éternisera alors l'instant.

Le sable, la terre, la mer, l'air, les rochers, la ligne d'horizon, le murmure des vagues dans l' encoche, lui, l'âme, la matière, le haut, le bas et le soleil qui viendra caresser gentiment son visage.

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