octobre 06, 2017

QUAND J' ETAIS PETITE FILLE




Quand j'étais petite fille, j'étais coiffée comme un garçon. Et j'adorais jouer aux billes, avec des capsules de bouchons. Elles étaient colorées de noms. Dans le jardin de mon enfance grimpait la route du Tour de France. Dans ce jeu, plein d'innocence, "Pouli..." était souvent gagnant.

Je galopais à travers champs, montais aux arbres, au firmament. Sur une branche, faisais le cochon, en retroussant mon pantalon.

Pieds nus courais, dans les ruisseaux en chantant, parfois tout faux.

Quant à la messe du dimanche, je préférais prendre la clé des champs. Dans la prairie, croquer des tranches, de gros bonbons au citron, en inventant mon oraison. Sacré curé de Cucugnan dont une amie contait l'histoire, nos yeux, de rire, devenaient poires.

Quand j'étais petite fille et coiffée comme un garçon. Je m'allongeais, au ciel qui brille, en regardant Paul ou Simon. Ou je rentrais dans mon placard en inventant de
belles histoires.

L'élastique, dans la cour d'école, montait de plus en plus haut car je voulais atteindre les cols.

Elève, parfois dissipée, je me suis payée quelques piquets, une bonne fessée "déculottée",les meilleurs notes de français.

J'étais "coupée" comme un garçon et je jouais à la poupée. Celle-ci avait des cheveux longs et j'aimais bien la décoiffer.

Puis, je la posais dans un coin et je repartais, de tout mon train, bouger ma vie et mon entrain, sur les terrains de mon enfance où j'entamais une autre danse.

Les garçons me couraient après, en essayant de voler baisers et, dans les champs d'haricots verts, ils jetaient sous mon pull-over les oiseaux morts qu'ils ramassaient. Mes cris les faisaient rigoler.

Le garçon manqué a grandi.

La jeune fille aux cheveux longs a délaissé ses pantalons.

Les oiseaux morts la font crier et bien des années ont passé !

Ils prennent vie, en poésie,

en leur envol.

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