février 18, 2019

LEA EST DANS LA LUNE


Léa est dans la lune
dans ses yeux, un dessin
un nuage, une brume
débarquent du lointain

Ses mains creusent le sable
font naître des pâtés
et les vagues en diable
viennent les faire vaciller

De la magie, du mystère
dans les yeux d'un enfant
des couleurs sur la mer
quand les blés sont aux champs

Léa est dans la lune
assise sur son croissant
le soleil sur la dune
éternise l'instant


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LE PLUS BEAU DES VOYAGES

Le plus beau des voyages
je l'ai fait avec toi
au coeur de paysages
n'appartenant qu'à moi

Le plus grand des voyages
au reflet de tes yeux
j'en ai vu des images
des nuances d' un bleu !

J'ai aimé ce voyage
mon étrange au long cours
aujourd'hui, un mirage
un désert , mon amour

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février 17, 2019


Sur la terrasse, en ce début d'hiver, l'air vif cingle nos joues. Aiguisé par le froid, notre regard saisit la pureté de l'instant.
Cet oiseau qui se ressource sur la cheminée de la maison voisine, combien de battements d'ailes ? combien de tempêtes surmontées ? combien de voyages accomplis ?
Ses ailleurs rejoignent-ils les nôtres ?


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CADEAU - TEMOIGNAGE


J'étais en conversation avec une connaissance quand soudain j'ai perçu une transformation dans sa voix. Celle-ci a changé de débit et de tonalité. J'ai ressenti une impression étrange.
J'ai mis un certain temps à saisir les mots qui parvenaient à mon esprit. Je ne réalisais pas, en l'instant, ce qui arrivait.
«Quelqu'un de ta famille, décédé, veut te laisser un message. Ah non, ce n'est pas pour toi, c'est pour ta mère. C'est un homme mort dans son sommeil. Il était âgé, pas très grand de taille, son coeur a lâché pendant la nuit. Petit à petit, l'image de mon grand-père s'est dessinée en mon esprit. Au fur et à mesure des mots transmis, je reconnaissais son âme. Tout ce qui faisait sa singularité.
Cette femme m'a parlé d'une table . Les dernières années de sa vie, lorsque nous ouvrions la porte, nous voyions en premier mon grand-père assis près de la table.
Elle a fait surgir, je ne sais d'où, sa convivialité, ses longues balades dans la nature. Elle m'a parlé de l'homme qui prenait son temps. Lorsque nous allions au restaurant, il fallait presque le mettre dehors, les serveuses attendaient impatiemment qu'il ait vidé son assiette. Bref, c'était lui !
Elle me l'a décrit tel qu'il était profondément. Puis elle m'a dit : "je le vois là, auprès de grands arbres, il marche dans la nature et observe, il a tout son temps...". Mon grand-père, tous les jours, faisaient des kilomètres et des kilomètres à pied dans cette campagne qu'il adorait.
D'autres mots ont encore coulé sur ses lèvres. Il souhaite que tu dises à ta mère qu'il va bien, qu'il veille sur vous comme il l'a toujours fait, homme discret et secret. Il a un message pour toi :
"n'aie pas peur, aie confiance en la vie". J'étais en plein divorce...
J'ai transmis le message à ma mère. Elle est cartésienne, un esprit très carré même, imperméable à ce genre d'histoires. Je pensais qu'elle aurait refusé d'écouter ce qu'elle qualifierait de balivernes.
Cependant, elle a dressé l'oreille, n'a pas tourné en dérision ce que je transmettais. Je crois même qu'elle a entendu... l' émotion l'a envahie...
Lorsque je me remémore ce moment, je me dis que le cerveau humain n'est pas entièrement utilisé, que la frontière est très étroite entre le monde réel et l'autre, celui que l'on dit invisible.

Télépathie ? Contact avec le monde de l'au-delà ?
Je n'ai pas de certitudes, seulement un esprit ouvert sur les êtres et les choses.
C'est comme cela que je souhaite que ce témoignage soit reçu.

J'ai écrit ce texte depuis quelques années déjà. Entre-temps, mon grand-père est apparu dans mon sommeil. Il vient parfois quand je suis préoccupée. Il m'adresse la parole sans que ses lèvres remuent ou  ne dit rien. Il est le plus souvent assis. Il offre toujours le même visage empreint de sérénité. Il vient dans un corps d'homme âgé d'environ 60 ans. Quand il est parti, il était proche de ses 95 ans.

Je m'interroge et ne peux m'empêcher de faire la relation avec ce qui m'est arrivé au moment de l'accident et la disparition de ma grand-mère. Je l'ai raconté, ici et ailleurs : une sorte de boule d'énergie m'a traversée par le plexus à très grande vitesse. J'ai reçu instantanément une information, une mauvaise nouvelle...

Peut-être, quelque-chose en moi, une sorte de canal, me permet d'accéder à certaines connaissances...
Une chose est certaine, je suis un récepteur.

Explication surnaturelle ou scientifique, je l'ignore...


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LA SORCIERE

Venez, enfants chéris
vous blottir sur mon coeur
quand vous étiez petits
vous approchiez vos peurs

Venez, je vous raconte
avez-vous oublié ?
l'histoire de la sorcière
sur son fourchu balai ?

Venez, enfants chéris
vous blottir sur mon coeur
remontons à l'envers
la pendule et ses heures

La terrible sorcière
sur son balai, hurlant
le ciel de votre chambre
s'ouvrait étrangement

Vos prunelles brillaient
les éclats de vos rires
un trésor partagé
mieux que l'or d'un empire

La sorcière est partie
vers de lointains rivages
en croisant en chemin
de multiples visages

Elle demeure présente
au fond de votre coeur
la cavalière méchante
est aussi votre douceur

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LA MER












La mer caresse ses orteils
Elle a frôlé tant de rivages
Brûlés par de mauvais soleils

La mer l' incite à l' abandon
Elle a léché tant d' horizons
Marqués par de puissants naufrages

La mer offre un visage salin
A la femme qui enfouit le sien
Au sable humide de ses défaites

La mer déplie vaste miroir
A celle qui noie son regard
Au reflet de l' homme qui s' arrête

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ET JE N' ENTENDRAI PLUS

Et je n' entendrai plus
Ton rire en cascade
La voix chaude s' est tue
J' ai reçu l' estocade

Et des perles de pluie
Glissent le long de mes joues
La voix qui s' est enfuie
Le souvenir qui noue

Et la maison de pierre
Se tient altière et fière
Par la fenêtre ouverte
Parfois un bruit de train

Il m' emmène au loin
Vers des forêts de jade
Où j' entends résonner
Ta voix en Desirade

Et je vois le rocher
Calme simplicité
Les barrières de corail
Pailles en queue et Iguanes

Et toi
Et toi
Et toi
Et j' entre dans ta voix

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février 15, 2019









Sur la promenade Xavier Grall
Le poète au "Cheval couché"
Le souffle brûlant de l' été
A la naissance de mon cou
Un effleurement sur ma joue
Le visage tendu vers l' invisible
Je deviens celle qui imagine
Accoudée au pont de bois chaud
Je croise le regard de Gauguin


LUIS ET JEANNE

Luis et Jeanne
Se rencontrent
22 heures
A la montre

Des regards
Qui s' accrochent
Comme dans film
De cinoche

Puis leurs âmes
Se déchaînent
Une ola
De "je t' aime"

Jeanne égare
Son regard
Luis attend
Quai de gare

C' est trop tôt
Ou trop tard
Au jeu d' ombres chinoises
Deux histoires qui se croisent

Et, un temps de retard

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février 14, 2019

APPROCHE !

Approche !
Tu n'as pas tellement changé tu sais. Le temps a juste un peu déteint sur toi comme sur chacun d'entre-nous.
Il s'est imposé en nos vies pour nous inviter à puiser à l'intérieur de nous-mêmes.
Les miroirs aiment les visages et les corps lisses.
J'aime les lignes, marquées, de ta vie.
Elles témoignent de ton histoire, de tes victoires et de tes défaites.
A travers elles, je devine les chemins plus ou moins sinueux que tu as parcourus.
Approche que je caresse ta joue.
C'est tellement doux une joue d'homme.


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MONIQUE LOUBOUTIN (Moca): LA ROSE

MONIQUE LOUBOUTIN (Moca): LA ROSE: "C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait la rose si importante" (Le Petit Prince). ,,,,,,,,,,,,, Au ...

février 13, 2019

Tu portais en toi les fêlures
les grands soleils, les rires azur
je tendais alors mes mains nues
ainsi que mes rêves, dans l' absolu
je t' ai souri tout simplement
il ne pouvait être autrement
ce soir d' hiver où j' ai plongé
en ton regard teinté d' été
j' étais l' oiseau qui s' envolait
et qui planait, et qui planait
comme la mouette,  le goéland
par-dessus les bleus océans
n' avons pas eu la même histoire
ne portons pas la même mémoire
n' avons pas eu les mêmes amours
les mêmes rêves, les mêmes jours
tu as marché  sur mon chemin
avec des roses plein les mains
bouquets d' amour, de désamour
nous n' avons pas les mêmes toujours
je t' ai souri tout simplement
il ne pouvait être autrement


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LES ROUTES





Les routes de Luis et Jeanne s'étaient séparées depuis de nombreuses années maintenant. Les heures, les jours, non vécus et partagés, les avaient éloignés progressivement l'un de l'autre.
Dans les méandres de la vie, ils s'étaient perdus en chemin. Il arrivait parfois à Luis de penser à Jeanne et vice-versa. Les routes avaient pris une direction différente mais, à certains moments, les pensées se rejoignaient, Luis pouvait entrer dans les songes nocturnes de Jeanne. Malgré la distance et le temps, une force mystérieuse les unissait.
Jeanne ressentait parfois un noeud au creux de l'estomac. Elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur pour lui. Cependant, elle n'occupait plus de place privilégiée dans sa vie et il était absent de la sienne. Elle se disait : «il lui arriverait malheur, je ne le saurais même pas ». Elle éprouvait alors la puissance d' un sentiment qu'elle s'empressait d 'effacer. Elle ne voulait  mettre de nom sur celui-ci. C 'était au dessus de ses forces.
Les chemins avaient pris une direction différente.Il restait l'empreinte du croisement, l'instant privilégié où dans les yeux teintés de rêves s'inscrivent tous les possibles.

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