Adieu, maison d' enfance
Adieu, maison d’enfance aux fenêtres rouvertes,
Où d’autres voix viendront éveiller les matins,
Où danseront bientôt des chansons incertaines
Dans la lumière neuve offerte aux lendemains.
Derrière la porte close de ma chambre ancienne,
Combien de rêves fous ont grandi en silence,
Allant par deux parfois, tremblants et romanesques,
Vers l’antichambre obscure et douce des absences.
Adieu, maison d’été, aux briques rajeunies,
Tu connus les élans de mes jeunes ivresses,
Quand le printemps posait sur mon cœur ses vertiges
Et faisait frissonner mes premières tendresses.
Tes larges fenêtres s’ouvrent déjà sur d’autres
Rires mêlés aux chants d’une nouvelle saison,
Et je marche à présent, chargé de mes poèmes,
Vers l’inconnu vivant qui m’attend à l’horizon.
J’avais sept ans à peine en franchissant ton seuil,
Tes arceaux de rosiers parfumaient mes étés,
Et j’ai laissé là-bas des rêves en poussière
Dans ces jours alourdis de lentes cruautés.
Je t’offre une autre vie et d’autres renaissances,
Car ton destin n’est pas de sombrer ni mourir :
Tu garderas en toi des promesses fertiles
Pour accueillir demain ce qui va refleurir.

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