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Je suis un cri à brut porté par la passion de l'écriture. Dans ce monde bouffé par le matérialisme, le rêve, l'imaginaire, permettent d'ouvrir un espace de liberté où la pensée, tel un goéland ivre, exulte. Certains traduisent leurs songes, expriment leur sensibilité via une peinture, une sculpture, une musique. Peu importe le support où se rive et se livre une âme. L 'essentiel est d'aller au bout de soi-même, de s'exprimer dans la sincérité et d'apporter, en toute humilité, sa propre respiration, à la respiration du monde. Les mots qui sont donnés, ceux qui sont reçus, ont déjà entamé leur voyage. Ces mots authentiques qui relient les êtres de bonne volonté, de tous temps et de tous lieux, entre-eux. ~~~~~~
Et même le vent n'en a soufflé mot, appréciations de lecteurs
"Sans prévenir ta douceur s'est posée
et même le vent n'en a soufflé mot"
Pépé
Dès l’aube, Pierre enfourchait sa vieille bicyclette, son sac en jute attaché à l’arrière-selle, rempli de ses outils. Chaque jour, qu’il pleuve, qu’il neige ou que le soleil brille, il parcourait les mêmes quarante kilomètres. Les saisons défilaient ainsi, au rythme de son pédalier. Le vieux menuisier, toujours en casquette et pantalon à pinces, traversait champs et routes, salué par les vaches curieuses.
Il pédalait avec courage, portant son modeste gagne-pain à la force de ses jambes. Il connaissait la route par cœur : les virages, les bosses, les creux, les montées. Arrivé au moulin, ses yeux pétillaient en croisant ceux du meunier, tout poudré de farine. Un sourire complice passait entre eux, puis Pierre se mettait à l’œuvre, inspectant chaque recoin à réparer.
Le soir venu, il rentrait chez lui, riche de son labeur. Dans son atelier, il ouvrait sa boîte à trésors et se penchait sur l’établi. Avec respect et minutie, il nettoyait ses outils, les caressant du regard comme des objets sacrés. L’odeur de sciure emplissait l’air, douce et familière, parfum d’enfance et souvenir précieux d’un métier noble.
Nous, les enfants, aimions faire des bêtises dans cet atelier. Nous déplacions ses “jouets” — ses outils bien rangés, qu’il gardait jalousement. Lui, dans sa rigueur, nous courait après, quelques orties en main, juste pour nous faire crier. Et quand nous étions sages, pour nous “venger”, il glissait une pincée de sel dans notre café au lait, savourant notre grimace en riant.
Ces souvenirs flottent toujours autour de moi, surtout lors des beaux jours d’été. “Pépé” et le bois étaient sa flamme. Chaque meuble qu’il façonnait portait un peu de son âme. L’atelier, rempli de sciure, reste pour moi un refuge ensoleillé où le temps s’incline devant la patience d’un homme qui façonnait la vie avec ses mains.
Mahmoud Chaid m'a fait l'honneur et l'amitié de mettre en musique et d'interpréter "Roses rouges pour toujours".
Monique Louboutin -Tous droits réservés
Les mots que vous lisez ici m' appartiennent.
Ils vivent sur ces pages, libres de votre lecture, mais protégés contre toute reproduction sans autorisation.
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