TROMPE-L'OEIL
Ce poème est une rencontre.
Celle d’un éclat insolent
au détour d’un sentier, dans le bois du Névet, un champignon somptueux, souverain et dangereux.
Il m’a rappelé la tentation :
celle du beau, du désir, de l’interdit.
Au cœur de la forêt,
en costume d’apparat,
flamboyant, solitaire,
il surgit du feuillage,
me défiant du regard :
“Conte-moi fleurette, si tu l’oses.”
Je le croque d’un œil,
esquisse ses attraits,
et vois déjà mon linceul se dessiner.
Fruit défendu
dans le jardin d’Éden,
diable en Prada
sous un nuage crème,
il rit à ma prudence.
Je délaisse la cueillette,
recule d’un pas,
et le trompe-l’œil s’étire,
jouant avec l’ombre de mes mains.

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