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Et même le vent n'en a soufflé mot, appréciations de lecteurs
et même le vent n'en a soufflé mot"
Sur les bords de l' Odet
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COMME DANS UN FILM
À la montre, 22 heures
Luis et Jeanne se sont rencontrés un soir où la vie s’invite sans prévenir, éclatante et légère.
Une force invisible les a guidés l’un vers l’autre, comme deux courants qui finissent par se rejoindre.
Leurs mondes étaient différents, presque incompatibles :
géographies, vibrations, silences… tout semblait les séparer.
Pourtant, quelque chose d’inexplicable les réunissait, un souffle plus obscur que la raison.
Jeanne a accueilli Luis dans sa vie, avec douceur, avec tendresse.
Elle l’a intégré à son univers solitaire, à son indépendance fragile mais lumineuse.
Luis, lui, ne se lassait pas de la voir sourire, de la regarder voler
comme une mouette au-dessus d’un océan infini.
Luis avait prononcé le mot « je t’aime ».
Jeanne l’avait entendu comme une promesse : celle qu’il ne lui ferait pas de mal, qu’il l’aimerait inconditionnellement pour ce qu’elle était — tendre, entière et imparfaite.
Puis il était parti, aussi rapidement qu’il était entré.
Jeanne dut admettre que son « je t’aime » signifiait en réalité : « je te désire », ici et maintenant, rien de plus, rien de moins.
Un mot suspendu, un souffle, une illusion de certitude dans l’instant.
Puis vint le choix silencieux :
Luis tourna la page, en secret,
ouvrant une histoire conforme à ses rêves d’homme sans attache.
Ce qu’elle lui avait donné n’était pas perdu.
Il pouvait vivre encore, aimer encore, ailleurs.
Elle, elle gardait ce trop-plein d’amour,
fantôme d’une histoire qui revenait en ombre sur ses jours et ses nuits.
⊙⊙⊙⊙⊙⊙
Luis et Jeanne
Se rencontrent
22 heures
À la montre
Des regards
Qui s’accrochent
Comme dans un film
De cinoche
Puis leurs âmes
Se déchaînent
Une ola
De « je t’aime »
Luis égare
Son regard
Jeanne attend
Quai de gare
C’est trop tôt
Ou trop tard
Au jeu d’ombres chinoises
Deux histoires qui se croisent
Et, un temps de retard
○○○○○○
Mais même dans ce retard,
dans ce manque,
la lumière persiste :
un souffle d’éternité
qui danse sur les vagues
et murmure :
« Rien n’est jamais tout à fait perdu. »
Les routes de Luis et Jeanne s'étaient séparées depuis de nombreuses
années maintenant. Les heures, les jours, non vécus et partagés, les
avaient éloignés progressivement l'un de l'autre.
Dans les méandres de la vie, ils s'étaient perdus en chemin. Il arrivait
parfois à Luis de penser à Jeanne et vice-versa. Les routes avaient
pris une direction différente mais, à certains moments, les pensées se
rejoignaient, Luis pouvait entrer dans les songes nocturnes de Jeanne.
Malgré la distance et le temps, une force mystérieuse les unissait.
Jeanne ressentait parfois un noeud au creux de l'estomac. Elle ne
pouvait s'empêcher d'avoir peur pour lui. Cependant, elle n'occupait
plus de place privilégiée dans sa vie et il était absent de la sienne.
Elle se disait : «il lui arriverait malheur, je ne le saurais même pas
». Elle éprouvait alors la puissance d' un sentiment qu'elle
s'empressait d 'effacer. Elle ne voulait mettre de nom sur celui-ci. C
'était au dessus de ses forces.
Les chemins avaient pris une direction différente.Il restait l'empreinte
du croisement, l'instant privilégié où dans les yeux teintés de rêves
s'inscrivent tous les possibles.
Mahmoud Chaid m'a fait l'honneur et l'amitié de mettre en musique et d'interpréter "Roses rouges pour toujours".

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