Le jeu de Râ
Quand le soleil caresse les pierres anciennes,
le village s’éveille à ses secrets…
Le vallon glisse dans l’ombre,
tandis que les chevaux frappent les voies champêtres
de leurs empreintes trépidantes.
Le village reçoit les gradations du soleil,
une par une,
comme si l’astre peignait chaque façade de granit,
chaque tuile de schiste.
Au gré de ses divagations,
il caresse les branches des vieux arbres,
effleure les pierres des maisons séculaires,
joue avec l’eau des puits
et les fleurs humides des jardins de grès.
Râ offre ses filets
au gros chat baroudeur,
qui s’y enroule une heure ou deux
dans les rayons captifs.
En quittant certains lieux,
l’astre révèle les ombres.
Certaines ruelles pavées se grisent,
malgré les hortensias
et les fougères accrochées aux vieux murs.
Les calvaires se couvrent de cendres,
témoins des siècles passés.
Les regards convergent vers la terre,
s’enfoncent dans les chemins souterrains.
Quand les pierres et les gargouilles
seront à nouveau baignées de lumière,
les yeux des passants s’ouvriront
sur d’autres horizons.

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