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Et même le vent n'en a soufflé mot, appréciations de lecteurs
et même le vent n'en a soufflé mot"
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L' ARMOIRE DES MONDES
Marie ! Marie ! Des voix l’appellent, insistantes. Elle relève un instant la tête, agacée, puis replonge dans sa lecture. Elle décide de “faire la sourde oreille” : ses parents ne la trouveront pas ici.
Elle s’est glissée dans la grande armoire, repoussant la porte derrière elle. Une pile de livres éclaire celui qu’elle tient entre ses mains.
Marie rêve.
Aujourd’hui, elle est Fanchon, et le “grelet” tombe amoureux de Landry, l’un des jumeaux. Son cœur bat à l’unisson ; elle reçoit le doux baiser de Landry et s’évade complètement.
Un autre jour, elle accompagne le bon et jovial Général Dourakine, futur grand-père pittoresque et tendre.
La pluie tambourine sur la vitre, et Puck, l’écolière danoise, illumine son jeudi. Marie suit ses aventures modernes avec fascination, chaque péripétie vibrant dans son imagination.
Marie a grandi. Elle ne peut plus entrer dans l’armoire. Désormais, elle s’affale sur son lit et dévore d’un trait Le Rouge et le Noir. Julien Sorel la fait rêver, et elle tombe dans ses bras, goûtant un baiser imaginaire mais passionné.
Que de livres parcourus depuis l’enfance ! Que de vies vécues par procuration ! Que d’amours rêvés !
Elle ouvre un œil, intriguée, face au Hasard et la Nécessité de Monod. Le monde serait chaos ? Néant ? Non, elle ne peut y croire. Elle pressent une autre “dimension”, secrète et mystérieuse.
Marie !
– Qu’est-ce qu’il y a, maman ?
– Arrête de rêvasser ! Viens m’aider à plier le linge !
Marie est femme maintenant. Elle repasse, plie, cuisine, conduit, travaille, aime, écrit… et lit toujours.
Et dans chaque livre, elle retrouve un peu d’elle-même, un écho de l’armoire où tous les mondes ont commencé.
Mahmoud Chaid m'a fait l'honneur et l'amitié de mettre en musique et d'interpréter "Roses rouges pour toujours".
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