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Et même le vent n'en a soufflé mot, appréciations de lecteurs
et même le vent n'en a soufflé mot"
Sur les bords de l' Odet
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LA PLACE QU' ON ATTEND
Il y a des lieux minuscules où tout se joue en miniature.
Un Ehpad. Une allée étroite. Un parking qui ne peut contenir que quelques voitures.
Et pourtant, dans ce petit théâtre de bitume, se joue une comédie entière.
La première fois, nous avons été surpris par son sans-gêne.
Mon fils s’arrête. Une voiture descend. Courtoisie élémentaire.
Principe silencieux : laisser passer avant de s’avancer. Une règle invisible, nécessaire.
Elle arrive. Elle voit. Et passe.
Comme si l’attente des autres n’avait aucune importance.
Ce n’est pas de l’inattention.
C’est un choix. Tranquille. Implacable. Assuré.
Un autre jour, même décor. Même pénurie de places.
Je patiente. Dix minutes. Quinze peut-être.
Le temps s’étire dans l’allée.
Une soignante rejoint sa voiture et annonce qu’elle s’en va.
Pas à moi mais à l'automobiliste qui arrive.
Je m’adresse alors à l’employée : « J’attends depuis une dizaine de minutes. »
Elle répond, favorisant la conductrice et semblant ignorer ma patience : « Elle va prendre la place. »
Cette fois, je reste ferme.
Et, confrontée à ma présence, elle s’arrête. Me laisse l'emplacement.
Dans ce coin de ville, sous ce ciel ordinaire, gorgé de pluie, une vérité se révèle :
la politesse silencieuse, parfois, ne suffit pas.
Certains ne respectent pas les règles par principe.
Ils respectent seulement ceux qui osent les rappeler.
Le parking, minuscule et banal, devient alors un théâtre.
L’attente, un temps à observer.
La patience, un art que tous ne reconnaissent pas.
Citation du jour :
« Il y a des gens qui respectent les autres, et d’autres qui ne respectent que ceux qui ne se laissent pas dépasser. »
Mahmoud Chaid m'a fait l'honneur et l'amitié de mettre en musique et d'interpréter "Roses rouges pour toujours".

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