L' ascenseur du regard
La femme se tenait là, au pied de la montagne,
l’ascenseur de son œil regagnait le sommet.
Elle avait parcouru des plaines, des collines,
de grandes villes fragmentées, des mers inconnues.
Parfois posé bagages,
semé de ses mains larges,
elle avait aussi connu la grêle et les orages,
le grand désert à vue,
le recul d’un mirage.
Elle avait parcouru, d’un pas léger ou lourd,
le chemin d’une vie parsemée de détours.
Accroché son regard à la couleur du ciel,
à la fleur rougie où butinait l’abeille,
ou à celui d’un homme qui disait : « tu es belle ».
Elle avait arrimé son sourire à celui d’un enfant,
aux journées cristallines où résonnent les chants.
Accroché son chapeau au bois chaud d’un ponton,
ses cheveux ondulaient dans la mer grande ouverte.
La femme se tenait là, au pied de la montagne,
l’ascenseur de son œil descendit du sommet.
Et là, au ras du sol,
sa vie s’écoulait
comme une eau lente
creusant le temps.
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