LE CRI PRIMAL
“J’étouffe ici !”
Dans la classe silencieuse et rigide, le cri fend l’air et brise l’ordre.
La petite souris dans le bocal semble soudain trop réelle : parfois, la vie ne tient plus dans une vitre.
La salle est pleine de blouses grises penchées sur un texte de français.
Il raconte une souris enfermée dans un bocal, un chat qui frappe la paroi de ses pattes.
Les élèves doivent imaginer la suite.
Le professeur observe. Tout est calme, réglé, sans débordement.
Les stylos écrivent sans bruit, les corps restent à leur place.
Puis une élève se lève.
Pâle. Tremblante.
La main à la gorge.
“J’étouffe ici.”
Le silence se durcit. Les regards se figent.
Quelque chose vient de se fissurer.
Trop vite, on referme.
Le professeur l’accompagne à l’infirmerie.
“Vous avez besoin de repos.”
La classe retrouve sa forme. Son ordre. Son calme.
Comme si rien n’avait bougé.
Et la souris blanche… dans son bocal…
le chat frappe-t-il encore, ou a-t-il déjà gagné ?
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