Juliette au miroir
Juliette se réveille
en mordillant ses lèvres.
Elle émerge d’un temps
où brûlaient les fièvres.
Dans ses heures de veille
elle suit à la trace
les rides qui serpentent
jusqu’à mordre sa face.
En quête maladroite
d’empreintes de sourires,
elle trouve une fossette
d’où s’échappent les rires.
La barre des chagrins
mine son large front,
fripe ses matins pâles
et ses hivers nippons.
Dans son miroir amer
la beauté se redresse
en vieille sorcière.
Que dis-je.
Par effraction,
chasseuse de formes,
elle entre
et révèle l’informe.
Instants non consentis,
brutales déchirures ;
les étalons déjà
fuient vers l’azur.
Le cheval porte un mors,
guidé par l’esprit mûr,
déjà figé
dans sa forme.
Mais à quel prix ?
Celui du temps.
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