L" oeil du bouc de Reignac
Un
château dans la roche où sévit un bourreau,
qui se glisse
dans l’ombre de la jeune Isabeau.
Les murs gardent mémoire des chairs qui s’étirent
jusqu’au
seuil du départ, là où tout se délie,
et des souffles brisés dormant au creux des roches.
Dans les couloirs montaient des hommes aux pas de fer,
gravissant
les degrés, l’épée portée au flanc,
croisant l’ombre et
la haute lumière dans un jour suspendu.
Les petits lits étroits où ils tenaient assis
pour conjurer
la mort qui venait s’allonger,
et déjà dans les corps une
attente affaiblie.
Et plus loin dans la roche, des temps se superposent,
grottes
anciennes, guerres d’antan, écritures fragiles,
comme si la
pierre elle-même retenait ce qui passe
dans un même glissement
qui jamais ne s’efface.
Et le château demeure.
Dans les pierres assombries par des âmes en lambeaux
et les
murs épaissis,
l’œil de la meurtrière et du bouc de Reignac.
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