Les cahiers noircis
J’ai jeté sur la grève
les noirs souvenirs ;
au cœur d’anciens rêves
je ne faisais que mourir.
J’aime toujours les roses
au parfum carmin.
Je les cueille en prose
au creux de mes mains.
J’aime encore la vie
sous mille saisons,
le soleil qui colore
les yeux des garçons,
les fleurs des genêts,
l’azur des moissons.
J’aime encore les gens
de mille façons :
cette petite fille
qui danse dans la cour,
ce bel inconnu
qui court vers l’amour,
cette vieille dame,
ce monsieur blanchi
qui traverse les âges,
les temps de la vie,
la noblesse des yeux,
le silence infini.
J’observe la mer,
l’écume des vagues,
la vie dans l’hiver,
la mouette qui zigzague.
J’ai jeté sur la grève
mes cahiers noircis
par de mauvais songes…
La vie m’a appris.
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