Mon livre
Il est sur mon chevet,
compagnon silencieux, présence immobile.
Il m’ouvre des ailleurs, mille vies à la fois,
des mondes inconnus qui s’ouvrent devant moi.
J’aime son odeur quand il est tout nouveau,
ce parfum de papier, fragile, presque chaud,
qui crépite sous mes doigts,
comme s’il respirait.
Dans les hivers longs et les pièces trop calmes,
il se tient ouvert comme une lumière posée.
Une page bouge sans vent dans la chambre éteinte,
et le temps bascule doucement vers l’enfance.
J’étais comme le grillon recevant un baiser,
ou Puck écolière en douce insolence,
dans les jeux de l’esprit où tout pouvait vibrer.
Et plus tard, quand le monde se ferme un peu plus,
que mes paupières lourdes suivent un autre chemin,
il reste grand ouvert dans la chambre assoupie,
et les pages veillent sur la nuit.
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